Quand une licence RBQ est exigée
Selon la Régie du bâtiment du Québec (RBQ), quiconque exécute ou fait exécuter des travaux de construction doit détenir une licence, sauf exemption prévue par la loi. L'entrepreneur qui travaille pour vous doit donc être titulaire d'une licence d'entrepreneur, tout comme celui qui soumissionne ou fait de la publicité à ce titre.
La RBQ précise que la règle ne se limite pas à l'argent : elle vise toute personne qui retire des travaux un bénéfice ou un avantage quelconque, direct ou indirect. Son exemple : quelqu'un qui travaille gratuitement chez une autre personne en échange de services comptables a besoin d'une licence. À l'inverse, repeindre le balcon de son frère sans autre gain que la satisfaction du travail accompli n'en demande pas.
Détenir une licence ne suffit pas toujours : l'entrepreneur doit aussi avoir les sous-catégories qui correspondent aux travaux, et la RBQ prévoit d'importantes amendes si un titulaire ou ses sous-traitants n'ont pas les bonnes. Les travaux d'électricité, de gaz et d'équipements pétroliers exigent toujours un entrepreneur qui détient la licence appropriée. Des exemptions existent (certains organismes publics, certains constructeurs-propriétaires, certaines sociétés d'entrepreneurs, certaines exploitations agricoles, certains équipements pétroliers, un syndic de faillite ou un liquidateur). Seule la RBQ peut confirmer si votre situation est visée. Le guide Licence RBQ : sous-catégories et cautionnement détaille les catégories.
Les risques pour le propriétaire
La RBQ rappelle qu'un entrepreneur licencié offre un cautionnement de licence, qui sert à indemniser les clients lésés, et qu'il est soumis à des vérifications de la RBQ. Avec un entrepreneur sans licence, ces protections ne sont pas là. Concrètement :
- Pas de cautionnement : la RBQ demande de vérifier que la licence est valide au moment de la signature du contrat. Le cautionnement couvre notamment les acomptes versés, les travaux non terminés et les malfaçons découvertes dans l'année suivant la fin des travaux, mais seulement pour un entrepreneur licencié.
- Un signalement qui ne rembourse pas : si l'entrepreneur n'avait pas de licence, vous pouvez déposer une plainte pour travail sans licence. Selon la RBQ, une plainte sert à documenter les faits et n'entraîne aucune compensation financière.
- Une indemnisation à obtenir autrement : il faut s'entendre avec l'entrepreneur, lui envoyer une mise en demeure par courrier recommandé, puis, au besoin, passer par les tribunaux.
- Des vérifications en moins : pour un entrepreneur licencié, la RBQ a vérifié que les répondants de l'entreprise ont réussi une évaluation de leurs compétences. Sans licence, rien de tel n'a été contrôlé.
Trois sujets dépendent de votre contrat et de votre situation, et nous ne pouvons pas les trancher ici : l'effet sur votre assurance habitation, la validité du contrat signé avec une personne sans licence et le risque d'hypothèque. Sur ce dernier point, Éducaloi explique que l'entrepreneur, mais aussi ses ouvriers, sous-traitants et fournisseurs, peuvent faire inscrire une hypothèque sur votre immeuble s'ils ne sont pas payés. Posez la question à votre assureur et à un notaire ou un avocat avant de signer.
Vérifier en deux minutes
Demandez le numéro de licence
La RBQ recommande de l'inscrire au contrat, avec le nom juridique exact de l'entreprise et son NEQ. Un entrepreneur qui hésite à le donner vous apprend déjà quelque chose.
Cherchez-le dans le registre
Ouvrez le Registre des détenteurs de licence et saisissez le numéro, ou le nom de l'entrepreneur.
Lisez le statut
Selon la RBQ, le registre recense les détenteurs d'une licence valide. Pour des travaux chez vous, vous voulez une licence valide : la RBQ publie à part ses décisions récentes de suspension et d'annulation.
Comparez les sous-catégories à vos travaux
La fiche affiche les catégories et sous-catégories, l'organisme qui offre le cautionnement, les réclamations en cours ou indemnités versées, et la liste des répondants.
Comparez les noms
Le nom de l'entreprise au contrat doit correspondre exactement à celui du titulaire de la licence.
Ajoutez deux vérifications
Le Registre des entreprises du Québec (immatriculation, adresse, dirigeants; un entrepreneur seul peut ne pas y figurer) et l'outil « Se renseigner sur un commerçant » de l'OPC (mises en demeure, interventions de l'Office).
En cas de doute sur une fiche, la RBQ répond au 1 800 361-0761.
Les signaux qui devraient vous faire reculer
- Aucun numéro de licence sur la soumission ou le contrat.
- Un numéro introuvable au registre, une licence non valide ou des sous-catégories qui ne correspondent pas à vos travaux.
- Un nom au contrat qui diffère de celui du titulaire de la licence.
- Une licence « en cours de demande » : la RBQ conseille de vérifier qu'elle est valide au moment de la signature.
- Un refus d'inscrire le numéro de licence et le nom juridique de l'entreprise au contrat, comme le recommande la RBQ.
- Des sous-traitants sans licence ou sans qualification (RBQ).
💡 Si la licence n'est pas confirmée, ne signez rien et ne versez aucun acompte : c'est le moment où vous avez le plus de pouvoir.
Parlons-en
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En cas de doute : quoi faire
- Gardez les preuves : soumissions, courriels, messages, photos. La RBQ conseille de conserver toutes les preuves d'échanges.
- Signalez la situation à la RBQ, avec le formulaire en ligne « Plainte concernant du travail sans licence » ou par téléphone au 1 800 361-0761.
- Si vous avez déjà signé ou payé, contactez l'OPC et un conseiller juridique : entente directe, mise en demeure par courrier recommandé, puis tribunaux selon le montant réclamé.
- Si l'entrepreneur est un vendeur itinérant, vérifiez son permis dans l'outil « Se renseigner sur un commerçant » de l'OPC.
Où SubmitX Network s'insère
SubmitX Network est un réseau de la construction au Québec, distinct du logiciel SubmitX. Il est fermé pour l'instant, avec une liste d'attente région par région. À son ouverture, un profil pourra afficher « trouvé au registre » (le numéro de licence existe dans le registre public des licences actives de la RBQ) ou « vérifié » (en plus, le courriel d'inscription correspond à celui de l'entreprise au registre). Aucune de ces mentions n'est une approbation de la RBQ : validez toujours la licence au registre officiel avant de signer. Lisez Profil vérifié ou trouvé au registre pour le détail.
Si vous avez un projet, vous pouvez vous inscrire gratuitement à la liste d'attente et serez averti une seule fois à l'ouverture de votre région. Pour la suite de votre démarche, voyez Trouver un entrepreneur en rénovation au Québec.
À retenir, et à valider
Ce texte informe; il ne remplace pas un avis juridique. Les règles de la RBQ, ses formulaires et ses coordonnées peuvent changer, et les exemptions de licence sont nombreuses. Les passages ci-dessus ont été relus sur les pages officielles de la RBQ, de l'OPC et d'Éducaloi le 21 octobre 2026. Aucun montant d'amende n'est cité volontairement : consultez la RBQ pour les barèmes en vigueur. Pour votre situation, à valider auprès de la RBQ ou d'un conseiller juridique.
Questions fréquentes
Un ami sans licence peut-il faire mes travaux ?
Cela dépend. Selon la RBQ, une licence est requise pour qui exécute des travaux pour autrui lorsqu'il en retire un bénéfice ou un avantage direct ou indirect, pas seulement de l'argent. Aider gratuitement, sans aucun gain, est différent. Les travaux d'électricité et de gaz exigent toujours un entrepreneur licencié. À valider auprès de la RBQ avant de commencer.
Mon entrepreneur dit qu'il attend sa licence : est-ce acceptable ?
La RBQ conseille de vérifier que l'entrepreneur détient une licence valide au moment de la signature du contrat. Une demande en cours n'est pas une licence valide. Attendez la confirmation au registre avant de signer ou de verser un acompte, et conservez ses messages. En cas de doute, la RBQ répond au 1 800 361-0761.
Que fait la RBQ quand je signale un travail sans licence ?
La RBQ offre un formulaire en ligne et une ligne sans frais, le 1 800 361-0761. Selon sa page sur les recours, une plainte permet de documenter les faits, mais n'entraîne aucune compensation financière. Pour être indemnisé, il faut une entente, une mise en demeure puis, au besoin, les tribunaux. À valider auprès de la RBQ.
La licence RBQ prouve-t-elle que l'entrepreneur est assuré ?
Non. La licence atteste d'autres vérifications, comme la qualification des répondants et le cautionnement. L'assurance responsabilité civile se vérifie séparément : l'OPC conseille de la confirmer et d'en inscrire les détails au contrat. Demandez aussi à votre propre assureur ce que votre police prévoit pour des travaux faits chez vous.
Sources officielles
Consultées le 21 octobre 2026. Les règles peuvent changer : validez auprès de l'organisme concerné avant d'agir.
- RBQ : Travaux nécessitant une licence
- RBQ : Connaître vos recours
- RBQ : Entrepreneurs sans licence, redoublez de vigilance (12 janvier 2026)
- RBQ : Choisir un entrepreneur pour vos rénovations
- RBQ : Vérifier la licence d'un entrepreneur
- RBQ : Registre des détenteurs de licence, statuts (2023)
- Éducaloi : Engager un entrepreneur en rénovation
- OPC : Avant d'engager un entrepreneur en rénovation
- RBQ : Travaux que vous pouvez faire vous-même (travaux d'électricité et de gaz)
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